Pourquoi focalise-t-on autant sur le nombre de rapports dans un couple ?

06 mars 2020 / By Claire
JEMECLATEAULIT-PROFITER

Arrêtes-moi tout de suite si je me trompe mais n’as-tu jamais demandé à tes copines « quand as-tu fait l’amour pour la dernière fois avec ton homme ?  » ou encore entendu cette réplique « 15 jours que nous n’avons rien fait ». Je viens d’une autre planète si ta réponse est négative !

Car OUI nous sommes conditionnés, TOUS, pour compter le nombre de rapports que nous avons dans notre couple comme si cela garantissait une relation saine. Possible. Mais possible que non. Et si la fréquence des rapports avait un lien avec ce fameux « devoir conjugal » ? Rien que le mot devoir me rappelle de la souffrance, des obligations et des corvées… Ha, c’est vrai le sexe est plaisir mais alors ? Où, quand, pourquoi est-ce que tout cela est parti en sucette ?!

La notion du devoir conjugal enferme les femmes dans une obligation de sexe

Années 30, était édité un guide de 76 pages sur Comment être une bonne épouse. Nous allons vous éviter la perte de temps à le lire – réédité (quoi que vous pourriez être très curieuse et amusée – faut avoir de l’humour à revendre alors) : on y trouve des conseils plutôt affreux, sexistes (on va oser lâcher le mot) à faire hérisser les poils des femmes même non féministes !

Impossible de se plaindre des tâches ménagères à 100% gérées par nous les femmes, on sourit toujours et en toutes circonstances, on garde un homme grâce à sa cuisine, il faut être jolie et agréable sinon ce sera de notre faute s’il nous trompe… Bref, vous allez peut-être vous dire mais c’est loin les années 30 !

Années 30 ? Pile la génération des grands mères donc PAS SI LOIN ! Ce sont les mamans de nos mamans donc à peine 2 générations ! Nos mères ont donc été élevées avec cette image (et les paroles qui allaient avec, et toutes les injonctions inconscientes de la société)

Nos grands-mères, époque mariage, époque mariage-pour-la-vie-même-si-la-vie-est-pourrie, ont donc signé pour ce fameux devoir conjugal. Ce terme désigne les relations sexuelles dans un mariage. Rien de nouveau. Ce terme est très ancré puisqu’il est introduit par les articles 212 et 215 du Code civil de 1804, qui précisent que les époux s’obligent l’un et l’autre à une «communauté de vie», et donc, implicitement, à une «communauté de lit». Sachez donc que vous pouvez demander le divorce sous motif de manquement au devoir conjugal.

En 2001, un homme a été condamné à payer 10.000 € de dommages et intérêts à sa femme pour ne pas l’avoir suffisamment honorée pendant leur mariage (malgré la fatigue et les problèmes de santé prouvés). Source : article Le Parisien

Le devoir conjugal imposerait la fréquence des rapports mais qu’en est-il du consentement ?

ZOUH arrive la libération sexuelle des années 70 : pilule, plaisir, droit à avoir un compte bancaire à nous les femmes ! Tout n’est pas SI LOIN puisque nos mères ont vécu une enfance avec un conditionnement de leur rôle de femme au foyer prête à satisfaire et vivre que pour leur mari (on pousse le bouchon volontairement – ou pas) et on put vivre une vie de femme plus épanouie sexuellement où faire l’amour n’est pas juste pour avoir des enfants…

Hip Hip Hip… Sauf que les conditionnements ont la « vie dure ».

Bien que l’on parle de consentement libre, que le viol est répréhensible par la loi, la sexualité reste une monnaie d’échange, une acte parfois obligatoire…

Au Québec, une étude intéressante (CROP-Châtelaine ) annonce que dans les trois quarts des Québécois en couple, hommes ou femmes, « il leur est arrivé un jour ou l’autre de se forcer à avoir des relations sexuelles » et une femme sur cinq admet se contraindre «régulièrement».

S’agirait-il de régir notre vie sexuelle ?

En donnant cette notion de régularité à travers devoir conjugal, en rajoutant par dessus cela « la fidélité » citée dans le contrat de mariage, nous sommes en droit de nous poser la question de notre réelle liberté sexuelle ? Une fois par semaine, le même partenaire et en missionnaire svp ! Agir et faire selon notre identité, selon les règles et les besoins du couple ? Car qui cela regarde vraiment et qui cela dérange vraiment ? C’est bien tout cel dont il faut aussi se séparer (et mettre à la poubelle) pour vivre pleinement sa vie sexuelle !

Mariage ? Heu chéri, le PACS ça te dit pas plutôt ?

L’image est-elle donnée d’une femme libérée sexuellement jusqu’au jour où elle se case ? Fait des enfants ? Se marie ? Et HOP ni une ni deux on remet les pantoufles de nos grands-mères… Le sexe pour séduire, non, le sexe pour unir, pour vibrer, pour vivre. Là nous signons.

Faut-il compter le nombre de rapports sexuels dans son couple ?

Si nous laissons nos rythmes de vie régir notre vie sexuel, oui, la régularité est un indicateur mais seulement de la place de la sexualité occupée dans votre couple. Augmenter le nombre de rapport ne va pas indiquer que le sexe est plus important pour vous… Quantité et qualité. Ha. Pas si simple. Pour avoir envie de faire plus, que vous faut-il ? Du temps, de l’énergie, des conditions favorables ? Ou parler de vos envies, de vos désirs, des situations nouvelles qui vous excitent ? Bizarrement, la fatigue peut très vite laisser place à une énergie, ce feu qui irradie et vous fait tenir toute la nuit ou presque 🙂 Chacun doit trouver son rythme, le sien, celui de sa moitié. Le désir fluctue, c’est naturel, il faut savoir le réactiver dans attente le jour parfait. c’est à vous de le décider et de le créer. Pas de réponse toute faite !

Et chez vous ?

 

About The Author

Claire

Femme libre qui essaye de vivre selon ses principes parce que c'est tellement mieux d'être soi ! Cheffe d'entreprises, maman accomplie, sportive à ses heures et qui aime vibrer au lit et dans la vie !

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